Nouveaux films au catalogue Retour d’image

Publié le 16 octobre 2026.

À l’issue de la réunion de rentrée de notre comité de visionnage, 5 films ont été sélectionnés pour notre catalogue de recommandations sur le thème du handicap :

  • Au bord du monde de Guérin van de Vorst et Sophie Muselle
  • Eredità de Jean-Luc Cesco
  • Ulysse de Laetitia Masson
  • Comme une pieuvre de Maude Vuillez
  • The Way we move de Vanessa Joo Dumont et Nicolas Davenel

Au bord du monde
Réalisé par Guérin van de Vorst et Sophie Muselle
Fiction, Belgique, 2026, durée : 1h45.
Avec : Mara Taquin, Sasha Deprez, Hamza Essalouh.

Versions : AD / pas de version sous-titrée.

Alexia, 25 ans, volontaire et idéaliste, arrive comme infirmière stagiaire dans le service fermé d’un hôpital psychiatrique. Malgré les avertissements de Joëlle, l’infirmière en chef, sur la distance à garder avec les patients, Alexia va se rapprocher de Mila, une patiente de 20 ans, qui ne comprend pas ce qu’elle fait là. Touchée par sa colère, Alexia va remettre en question l’institution…

L’avis du comité : Un film très immersif sur le fonctionnement d’un service de psychiatrie. À travers de longs plans-séquence, on découvre cet univers en même temps que la protagoniste, infirmière stagiaire. Les réalisateurs questionnent le rapport soignant/soigné, et si le propos peut parfois paraître timoré à force de vouloir être nuancé, ils n’en délivrent pas moins une vision très réaliste de cette relation, avec l’appui des comédiens qui sont d’une grande justesse (Sasha Deprez qui joue la patiente, Mila, a elle-même été hospitalisée).

Photo extraite du film Au bord du monde

Eredità
Réalisé par Jean-Luc Cesco
Documentaire, France, 2023, durée : 61 minutes.

Versions : AD et VFST.

Eredità, c’est l’histoire de deux voisins qui s’accompagnent dans des moments difficiles de leurs existences. Le réalisateur imagine que le fantôme de l’ancien propriétaire est resté dans son appartement. Muguette, sa voisine, accumule chez elle tout un fatras d’objets ramassés dans la rue.
À l’épreuve de la maladie et de la mort, chacun d’eux laisse apparaître des traces de son héritage familial. « La mémoire ne s’efface pas, elle reste coincée quelque part… »

L’avis du comité : Eredità documente cette pathologie qui s’installe chez Muguette : le syndrome de Diogène. En cinéma direct, avec une voix off discrète, et quelques photos d’archives, le réalisateur fait naître une empathie de manière respectueuse. C’est une histoire d’amitié, qui nous parle de transmission familiale, de mémoire, d’isolement. Le film ne s’intéresse pas au handicap à proprement parlé mais à la manière dont la vieillesse et la maladie rejoignent ce que peut être est le handicap dans la société.

Photo extraite du film Eredita

Ulysse
Réalisé par Laetitia Masson
Fiction, France, 2026, durée : 1h37.
Avec : Élodie Bouchez, Alphonse Roberts, Stanislas Merhar

Versions : AD et VFST

Alice (Élodie Bouchez), chercheuse en sociologie, découvre qu’elle est enceinte. Vladimir (Stanislas Merhar), son mari, exulte. Ce sera un garçon ! Ils l’appelleront Ulysse. Sauf qu’à un an, Ulysse ne rentre pas dans les courbes. Trop petit, trop maigre. Les pédiatres s’interrogent et le verdict tombe : syndrome génétique. Ulysse ne sera pas comme les autres. Mais comment sera-t-il ? Mystère. Commence alors la très particulière odyssée d’Ulysse : marcher, parler, apprendre, comprendre, s’épanouir. Alice se lance dans l’aventure, déterminée à ce qu’Ulysse trouve sa place dans le monde.

L’avis du comité : La réalisatrice s’inspire de sa propre histoire et de son fils pour raconter le parcours du combattant des parents pour amener leur enfant handicapé vers l’autonomie. Ce qu’il y a d’intéressant dans ce film, c’est que les deux parents ont des idées opposées sur le suivi de leur enfant: Alice refuse de le surprotéger, veut qu’il aille de l’avant. Vladimir est plus protecteur, à l’écoute des «spécialistes» et de leurs préconisations. Si Vladimir lâche assez vite le bateau, faisant le choix, présenté comme assez cornélien, de privilégier sa carrière de pianiste et s’installe définitivement aux USA, Alice, elle se bat pour qu’Ulysse puisse utiliser tout son potentiel dans sa passion, la cuisine. Ulysse trouvera finalement un CDI dans un des controversés Cafés joyeux, qui ne sont pas des ESAT. Ce n’est pas pour valoriser le privé par rapport au public, mais simplement ce qui s’est passé dans la réalité. Ce film est à voir pour ce qu’il montre de l’inclusion, dictée par des valides «spécialistes» et peu à l’écoute des capacités et envies des premiers concernés, de l’impact du handicap sur les parents et leur couple. Le récit est centré sur la mère, sans en faire trop sur le côté sacrificiel, même si parfois on aimerait voir plus exister le jeune homme. Le film de Laetitia Masson n’en demeure pas moins un témoignage plutôt rare.

Photo extraite du film Ulysse

Comme une pieuvre
Réalisé par Maude Vuillez
Documentaire, France, 2025, 22min.
Film de fin d’étude, Département Montage de La Fémis. Pour toute diffusion, contacter La Fémis.

Version : VFST / pas de version AD

Plongez sous l’eau… Qu’entendez-vous ? Pas grand chose. Un ensemble confus et lointain. Grandir sourde dans un monde d’entendants, puis rencontrer des jeunes comme soi… s’interroger sur son identité, sans considérer la surdité comme une fatalité.

L’avis du comité : D’une manière aussi sincère que ludique, Comme une pieuvre nous offre un très beau récit à la première personne. En revisitant ses archives familiales pour son projet d’étude à la Fémis, tout en les associant à des séquences animées, la réalisatrice donne à ce contenu une dimension universelle. Il est intéressant de voir comment elle se réapproprie sa surdité comme une part de son identité, et comment elle découvre une culture sourde qu’au départ elle ne connaissait pas.

Photo extraite du film Comme une pieuvre

The Way we move
Réalisé par Vanessa Joo Dumont et Nicolas Davenel
Documentaire, France, 2025 ; Durée : 80 minutes.
Disponible sur Arte.tv

Versions : VOST-SME / pas de version AD. 

Ce film met en scène Amber Galloway, pionnière de l’interprétariat de musique en langue des signes américaine (ASL). Elle explore le lien entre la culture sourde et la musique tout en formant de nouveaux interprètes.

L’avis du comité : C’est original, inspirant, pédagogue. Le sujet, assez peu connu, est traité en profondeur. Alors que l’on y découvre Amber Galloway pratiquer son métier et l’enseigner à d’autres, il y a aussi des aspects plus personnels sur la relation entre Amber, son fils et le deuil de son autre fils, qui proposent des séquences assez émouvantes. Ce documentaire valorise les artistes sourds et la forme artistique que peut prendre la langue des signes.

Photo extraite du film The way we move

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